La composition de la Lorraine s’est considérablement modifiée avec le temps. Au XVIIIe siècle, la Lorraine était constituée de quatre départements et d’au moins 10 territoires dont : le duché de Lorraine; le duché de Bar ; Les trois-évêchés regroupant Metz, Verdun, Toul; Champagne et Clermontois ; la prévôté de Montmédy, partie du Luxembourg français ; le duché de Carignan ; la principauté de Salm ; le comté de Dabo; l’Alsace, le comté de Créhange et la Franche-Comté.

Ce territoire va se morceler. En 1790, la proposition de créer un département baptisé “Lorraine allemande” est même évoquée par des parlementaires, mais elle ne sera pas suivie d’effets. Plusieurs territoires seront finalement rattachés à la France, il s’agit de : Salm, Dabo et Créhange (en 1793), Lixing (en 1795), Hundling et Rouhling (en 1797 et 1798). Jusqu’en 1871 Lorraine et France seront quasiment des entités identiques.

La phase de rivalité entre l’Allemagne et la France

1871 marque la signature du traité de Francfort. Un document consacrant le rattachement à l’Empire Allemand des territoires de la Lorraine situés dans les départements de la Moselle et de la Meurthe. Autres changements administratifs : les cantons de Saales et Schirmeck jusqu’alors rattachés à l’Alsace dépendent désormais du Bas-Rhin. Ces aspects liés aux territoires étant réglés, place aux humains. Il est proposé aux habitants de ces zones de choisir entre la France et l’Allemagne. Beaucoup choisissent l’Allemagne. Effet visible : la population de Nancy est rapidement multipliée par deux. Pendant la première guerre mondiale dans ces zones rattachées 140 ans plus tôt, des ressortissants de localités identiques se battront les uns sous un uniforme français, les autres sous un uniforme allemand. La majorité, soit plus de 94% (environ 379 000), choisit de se battre pour l’empire allemand. Seuls 18 000 alsaciens combattront pour la France.

L’après-guerre et ses enjeux

La fin de la deuxième guerre mondiale va marquer le début d’une période de faste économique pour la Lorraine. La clé de cette période : les richesses minières présentes en grande quantité dans le sous-sol de cette région. Après 1945, l’une des priorités sera l’exploitation minière. Cette dernière sera principalement faite par des migrants venus d’Italie et de Pologne. La Lorraine deviendra la troisième localité française en termes de poids économique. Mais à la fin de ces trois décennies qualifiées de “trente glorieuses” la Lorraine sera étouffée par d’importantes restructurations d’entreprises et un important taux de chômage.