Après les périodes épiques marquées par des conquêtes, le roi Charles II utilise la diplomatie conjugale pour apaiser la Lorraine et les territoires voisins. La technique est classique pour l’époque : le souverain marie sa fille Isabelle de Lorraine avec René 1er d’Anjou, le fils héritier du prince, le duc de Bar.

Effet immédiat de ce mariage politique : un accord est signé. Il permet le retour du calme. Une des clauses du document, appelé traité de Foug, est que les deux duchés auront un seul souverain tout en conservant leurs spécificités relatives notamment aux us et coutumes.

René de Lorraine préservera ce subtil brassage fait de dépendance et de différence pendant tout son règne. La position géographique de la Lorraine, véritable zone de contact entre la Bourgogne et la Flandre la rend intéressante pour d’autres souverains. Conséquence de ces enjeux de pouvoir, la Lorraine sera attaquée en 1475, le conflit durera deux ans et s’achèvera par la défaite de ce territoire. Elle entraînera la disparition de ce qui était jusqu’alors l’État Bourguignon. Le Moyen Age s’achève sur cette perte d’autonomie.

Nouvelles rivalités

La fin de la rivalité entre la France et la Bourgogne cèdera la place à une nouvelle rivalité, cette fois entre la France et l’Autriche. La manœuvre politique du duc Antoine de Lorraine consistera à demander aux duchés de rester neutres afin d’éviter d’attiser les tensions avec les territoires voisins. Une fois de plus, seront menées simultanément : des actions militaires et des mariages arrangés. Tout cela aboutira à un accord de paix baptisé traité de Nuremberg. Ce texte fait de la Lorraine un État libre et protégé d’une éventuelle intégration forcée dans un des territoires de l’empereur.

Le décès de François 1er va sceller la division de la Lorraine, car le prince héritier n’a que deux ans. La régence est donc assurée simultanément par l’épouse du défunt favorable à l’empereur allemand et le frère du défunt plus proche idéologiquement de la France.

L’année 1552 scelle la reprise des hostilités. Le roi de France Henri II négocie et obtient la paix grâce à un traité signé avec les allemands. Au même moment, il lance une action militaire dont l’aboutissement sera l’annexion des évêchés de Metz, Toul et Verdun. Afin de stabiliser ce territoire, la régence est confiée à une seule personne : le prince Nicolas. Le roi de France rentre à Paris avec le jeune régent et ne le renvoie en Lorraine que sept ans plus tard après qu’il se soit marié avec une française : Claude de France, une des filles du roi. Cette séquence sera définitivement dépassée qu’en 1648 grâce à la signature des traités de Westphalie. Ces derniers vont stopper la guerre qui a duré 30 ans et épuisé les habitants de la Lorraine.